12 janvier, 2015

Qu’est-ce que le mécénat d’entreprise ? – Leader Alès

A l’heure où un think tank se met en place sur Alès afin de mieux coordonner les actions de mécénat, Leader Alès revient sur ce dispositif qui incite les entreprises à soutenir des projets associatifs.


A l’heure où un think tank se met en place sur Alès afin de mieux coordonner les actions de mécénat, Leader Alès revient sur ce dispositif qui incite les entreprises à soutenir des projets associatifs et qui renforce ainsi les possibilités pour les associations et les entreprises de développer des projets en commun.

 

LE MÉCÉNAT : DÉFINITION

Dans sa plaquette « Le Mécénat : Entreprises et Associations« , le Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative décrit le mécénat comme

un soutien matériel apporté sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général, s’étendant aux champs de la culture,de la solidarité et de l’environnement.

Souvent associé au parrainage, le mécénat s’en distingue sous un angle essentiel rappelé ici : celui de la contrepartie. En effet, le mécène ne recherche pas de contrepartie (sauf éventuellement la citation de son nom) quand le parrain s’engage avec le bénéficiaire dans une opération de nature commerciale en vue d’en retirer un bénéfice direct.

Pour autant, pour l’entreprise, le mécénat reste une opportunité : il offre de fait la possibilité d’être reconnu comme un interlocuteur à part entière de son territoire d’implantation. En s’engageant concrètement dans des projets locaux (ou plus largement citoyens), le mécène s’affirme comme un acteur social et responsable, tout en contribuant à renforcer l’attractivité économique de son territoire.

Au-delà de l’aspect de l’image, le mécénat est aussi un excellent prétexte pour l’entrepreneur de rencontrer ses interlocuteurs habituels dans un contexte différent et riche d’échanges, tout en élargissant son réseau.

Le mécénat peut prendre plusieurs formes :

  • Le mécénat financier, c’est-à-dire des dons en numéraire (chèques, virements, etc.).
  • Le mécénat en nature : le don d’un bien immobilisé (véhicule, mobilier, matériel, etc.), la fourniture de marchandises en stock (équipements sportifs, téléviseur, ordinateur, etc.), l’exécution de prestations de services (réparations, entretien, imprimerie, etc.), la mise à disposition de compétences (communication, comptabilité, gestion, expertise juridique, etc.), de techniques ou de savoir-faire.
  • Le mécénat de compétences : il permet à la fois d’impliquer le salarié dans la vie de l’entreprise et de l’enrichir de nouvelles expériences en matière de méthodes d’organisation,de gestion ou de production.

Pour ce qui concerne le principe fiscal, la loi prévoit que les versements effectués par les entreprises au titre du mécénat entraînent une réduction d’impôts égale à 60% de la somme versée dans la limite de 5 pour mille (0,5%) du chiffre d’affaires hors taxes (Art. 238 bis du CGI).

La réduction d’impôt s’impute sur l’impôt sur le revenu (IR) dû par les entrepreneurs individuels titulaires de bénéfices d’activités professionnelles (BIC, BNC ou BA) et imposés selon un régime réel ou par les associés de sociétés de personnes fiscalement transparentes (SNC), ou sur l’impôt sur les sociétés (IS) dû par les entreprises soumises à cet impôt.

ETAT DES LIEUX DU MÉCÉNAT DES ENTREPRENEURS

Selon une enquête ADMICAL-CSA de 2008, 23% des entreprises de plus de 20 salariés pratiquaient cette année-là le mécénat et ont apporté à ce titre 2,5 Mds €, majoritairement dans les domaines de la solidarité et de la culture, principalement sous forme de contribution financière.

 

 

En décembre 2014 la TNS Sofres a publié son baromètre du mécénat des entrepreneurs, qui nous en dit plus sur l’état des lieux du mécénat des entrepreneurs en France. On y apprend ainsi que :

  • 73% des chefs d’entreprises et cadres dirigeants sont mécènes à titre personnel.
  • 56% des entrepreneurs s’engagent par des dons d’argent, avec un don moyen situé autour de 900 euros.
  • 54% mènent des actions de soutien à des projets d’intérêt général (conseil, levée de fonds, lobbying…).
  • Ils sont 37% à faire les deux.
  • Certains vont jusqu’à créer ou participer à la création de structures d’intérêt général, associations ou fondations (17%). Ces engagements, qui augmentent en fonction de l’âge et des revenus, concernent environ 300 000 entrepreneurs en France, pour un budget global de 200 millions d’euros annuels.
  • 86% des mécènes par le don et 79% des mécènes par l’action ont l’intention de continuer.
  • Les domaines soutenus en priorité par les entrepreneurs mécènes sont la santé (citée par 44% des mécènes), le social (42%), la solidarité internationale (38%), la culture (24%), le sport (21%) et l’éducation (20%), l’environnement (12%), la recherche scientifique et l’enseignement supérieur (12%).

 

QUELLE STRATÉGIE DE MÉCÉNAT SUR ALÈS ?

Leader Alès participe actuellement à la création d’un think tank autour de la question du mécénat réunissant à l’initiative de Jalil Benabdillah en sa qualité de Conseiller municipal délégué à l’Enseignement supérieur et au Mécénat, des acteurs alésiens de la culture (Théâtre Le Cratère, Festival Itinérances), des acteurs politico-économiques (Alès Agglomération) et des experts en mécénat.

L’objectif commun est évident : il s’agit d’une part de sensibiliser les entreprises du territoire à la question du mécénat, afin qu’elles ne se privent pas d’opportunités réelles – et pour ce faire un effort de pédagogie est nécessaire qui ne limite pas la question du mécénat à celle d’une réduction fiscale.

Il s’agit aussi d’autre part  de favoriser l’enrichissement mutuel du monde de la culture et du monde de l’entreprise à l’échelle alésienne : bien que les codes, les enjeux et les contraintes de ces deux mondes soient très différents, certains pans de leurs activités respectives peuvent se rejoindre et se croiser, comme par exemple dans la nécessité de mesurer la portée d’un événement, l’utilisation d’outils de mesure ou de calcul statistique, etc.

Au-delà de l’aspect technique, il n’est pas hors de propos de penser qu’un lien construit et entretenu entre ces deux mondes souvent étanches que sont l’entreprise et la culture pourrait occasionner de nouvelles perspectives de collaboration, dont le mécénat serait la première mais pas la seule : citons par exemple le conseil dans l’utilisation d’outils de gestion, de communication, etc. Les liens ainsi créés représenteraient également un capital de visibilité lorsqu’il s’agirait de communiquer sur un événement commun aux deux mondes culturel et de l’entreprise – par exemple via les médias sociaux : retweet, partages, articles de blog, etc.

Sources :